A Murmur in the Trees

A Murmur in the Trees (passacaille) pour flûte, violon et piano (2021)

A Murmur in the Trees – to note – Not loud enough – for Wind –
A Star – not far enough to seek – Nor near enough – to find –

Cahier 15, Emily Dickinson

Percevoir – un Murmure dans les Arbres –
Ni trop faible – pour être le Vent –
Une Etoile – ni trop loin pour qu’on la cherche – Ni trop près – pour qu’on la trouve –

Cette pièce repose sur une structure de passacaille cachée et probablement insaisissable à l’écoute. Cette forme trans-historique, quasi universelle, permet tout à la fois une structure rigoureuse et le dépassement de ses principes. Le thème de basse devient un thème d’accords – rôle dévolu au piano – qui va « organiser » l’écriture tout en poursuivant son propre chemin de variation, évoluant du registre extrêmement grave jusqu’au sur- aigu.

Le temps périodique devient élastique, étalonné (découpé) de façon souple par les groupements en bariolages irréguliers du violon. Celui-ci, conçu en scordatura, privilégie un jeu en harmoniques naturels et participe aussi aux harmonies/timbres spécifiques.
La flûte représente, elle, l’espace de liberté de la variation, même si, à certains moments, son rôle s’échange avec le violon.
Les trois instruments exploitent aussi différents champs de registres, jouant sur la dimension spatiale : hétérogènes au début, puis en chiasmes, jusqu’au plus homogènes de la fin.